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| Du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas. | 11/07/04..12:14 | Vous savez qu'on avait pas eu un hiver aussi doux depuis longtemps ? C'est plutôt agréable. Une pluie automnale mais avec une douceur toute printanière, le plan anti-canicule assure cette année. Comme quoi le gouvernement arrive très bien à tirer des leçons de ses erreurs, 'voyez.
En plus, être obligé de remettre le chauffage en Août, c'est tout bon pour la privatisation d'EDF, tout est calculé, ils sont géniaux. (Comment ça j'y connais rien en rachat / privatisation / fusion / cuisine sud africaine ? Oui et Alors ? Ca n'a jamais empéché quiconque de l'ouvrir àpropos de tout et de rien, "hein".)
Partenaire particulée cherche partenaire particulée (air connu)
Je suis mal née. Beaucoup d'enfants naissent dans un choux, d'autres dans des roses moi je suis née dans une partie-cul. De cause à effet, j'entre de suite dans la catégorie de la noblesse française, et c'est la classe. Et oui, parce que nous avons la claâasse, que vous le vouliez ou non.
Au collège, j'en avais plus ou moins honte. Ma crise d'adolescence et moi même avions en horreur les us et costumes du milieu et j'avais accolé les deux lettres au reste. Au lycée, en bonnes féministes, elles se sont émancipées (les garces). Trainant alors avec des petits gauchos, je trouvais très drôle d'aller dans le sens de leur provocation aiguë - tout en continuant dans le sens contraire face à ma famille. Ca marchait, ils étaient contents. Persuadés d'être dans le vrai en ressortant tous les poncifs. Mais je suis pour la paix des peuples et l'euphorie perpétuelle, j'étais "la noble", ils aimaient ça, pouvoir me balancer leurs conneries adolescentes anti-droite, persuadés que j'en étais, répétant et déformant inlassablement des propos de journaux télé et de parents aigris. Je m'amusais.
A la fin du lycée, j'ai pu m'apercevoir qu'au delà de la simple distraction de groupe, ça pouvait aussi jouer en ma faveur - comme en ma défaveur. J'ai eu des petits boulots grâce à mon préfixe. Je suis passée de la considération "vulgaire petite merde" à "wahou, respect" auprès de sexagénaires uniquement à l'évocation de mon nom de famille entier. C'est jouissif.
Une des dernières expériences intéressantes a été promulguée par un prof (l'avantage de bosser avec des gens qui se tapent totalement de votre personne étant qu'ils ignorent jusqu'à votre nom de famille). Il me ressortait pléthore de lieux communs concernant tout ce que je connaissais pour y avoir grandi, des phrases dignes d'un résumé de Charlie Hebdo sur un reportage de TF1 à propos de la jeunesse dorée française, me maintenant tout sans que les nuances que j'y apportais puissent être admises de son côté. Quelque chose alliant le degré 0 du recul avec un air d'aigreur total, le tout frisant (et bouclant) le ridicule. J'ai fini par lui dire que "hey ho coco, tu n'y connais rien". Depuis il me demande comment se portent mes gens et sur quelles terres je compte me retirer pendant mes congés. Mais au second degré cette fois alors qu'il m'annonçait tout ça avec le plus grand sérieux du monde avant que je lui dise que "je l'avais".
Je l'avais cette maladie honteuse qui faisait de moi une petite de droite extrême, monarchiste-intégriste (tant qu'à faire), cul serré, cul serré à l'Eglise, cul serré dans une troupe scout, cul serré dans un rallye, cul serré dans ma vie de (vieille) famille. Rigolo. Les gens sont rigolos quand ils parlent de ce qu'ils ne connaissent pas sans avoir l'impression un instant d'être d'un ridicule sans nom bien que "connerie" puisse, sans être trop tatillon, convenir. Finalement.
Mais ça ne s'arrête pas là. Ho nooon ! Le plus drôle avec l'ignorance, c'est ce que les gens sont prêt à sortir pour la cacher. Consciemment ou pas. Argumentant leurs propos d'un "je suis allée dans une soirée *une fois*" ou "ah bah je connais quelqu'un qui...", ces deux assertions se suffisant à elles mêmes pour pouvoir condamner des choses sans y connaître quoique ce soit.
Moi à la télé, j'ai vu Douste-Blazy qui disait que les vieux ne mourront pas de la canicule cette année, regardez on est le 11 Juillet, aucun mort. En 2007, je revote pour Chirac. |
 































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