|
| 03/04/04-13:31 :Gérard, un demi pour tout l'monde, c'est ma tournée. | |
| Aujourd'hui (enfin hier...), c'était bol de riz à la cantine alors je me sens enfin prête à évoquer, rien-que-pour-Brice, la Passion du Christ avec tout le sérieux nécessaire à la chose. D'ailleurs, hop, je mets mes lunettes pour être crédible. Et oui, ça va être long et pénible. Encore plus qu'un film avec Titof mais moins qu'un remaniement ministériel. Estimez vous heureux les uns les autres.
Il y a des gens qui polémiquent comme ils boivent : à outrance et sans manière. i' s'prennent un bidon de villageoise quelconque, i' s'mettent autour d'une table alliant merveilleusement le fer rouillé et le contre-plaqué décollé, le cul posé sur un tabouret en plastique&bancal et décident d'accompagner leur piquette de grands discours révolutionnaires dont l'essence tournerait autour de "si c'était nous qu'on gouvernerait et qu'on f'rait tout dans c'pays d'merde, tout ça i's'passerait aut'ment, chteuh l'dis !" entre le visionnage des résultats du loto et du quinté.
Alors tenez, prenez un verre et on y va.
I- Au nom du Père, du Fils et des Simples d'Esprit.
Le film-dont-tout-le-monde-parle-mais-que-personne-n'a-vu©BravePatrie a donc déchaîné les passions avant même sa sortie. Parce que c'était Gibson, parce que c'était les américains, parce que c'était Jésus et enfin parce que ceci est son sang, buvez.
Ce qui est chouette dans notre merveilleuse république française, c'est la liberté de culte. (Si si). Comme je n'ai qu'un tonneau de 5 litres, je n'épiloguerai pas sur le fait qu'elle soit plus ou moins bafouée de tous les côtés dès qu'on sort des sentiers abattus, mais juste sur quelques points faisant que cette lattitude spirituelle doublée du côté "grande gueule rebelle à deux euros" inhérent à nos chers concitoyens a fait qu'aujourd'hui, beaucoup de gens se complaisent dans leur ignorance globale en matière de religion mais n'ont aucun scrupule à en parler comme s'ils avaient baigné dedans depuis toujours.
Il y a des personnes qui, à "Mathieu 3:18", vous répondront : "Contre qui ?" ou bien devant un tableau représentant un Christ mort entouré, entre autres, de Juifs pleurant vous sortiront "Qu'est ce qu'ils font là tout ces juifs ?" (© mon binôme en analyse de l'image 1999-2000).
Pour ne pas accuser ce chef d'oeuvre du 7ème art (kof kof) d'être antisémite, il faut prendre, aller... deux pas de recul - histoire de pouvoir lire les sous-titres - et se placer à égal distance de la Ménora et du Calice.
L'autre souci en matière de religion c'est que tout en disant "ouais mais c'est des conneries, ces gens i'z'ont jamais existé", des types, avec pour toutes connaissances religieuses ce qu'ils ont lu rapidement dans le résumé du Pariscope, cogitent sur des choses qu'il faudrait à la base admettre comme vraies pour pouvoir les défendre ou les condamner. Du coup, personnellement, je ne comprends pas la nécessité, pour des personnes soit disant athées de se demander "Est ce que ce film est antisémite ?" si on accorde aussi peu de crédit aux religions en général et à l'histoire du Christ en particulier, ça me dépasse...
Maintenant, quand on s'y attarde un petit peu et objectivement, le film montre clairement du doigt les grands manitous juifs de l'époque faisant presque la part belle aux Romains en dehors du côté bourrin des légionnaires mais avec un Pilate à qui on donnerait le bon dieu sans confession. Or, dans mes souvenirs, Pilate était un gros con et je suis presque sûre qu'Herode, puisque j'en suis à parler des trucs gros comme des camions, n'était pas au casting de Priscilla, folle du désert. De plus, personne ne m'a dit que Jésus avait décidé de mettre les lentilles de contact de couleur à la mode non plus. Comme quoi, en matière de religion, on nous cache bien des choses. Sacré Mel Gibson.
II- Dites 33.
Ok, on passe à la bière.
Côté prouesse artistique, ce film me laisse un peu le pop-corn que je n'ai pas mangé, au travers de la gorge. D'abord, aussi surhumain soit-Il, je ne vois pas pourquoi Jésus aurait eu le droit à une triple ration de sang. A savoir, pendant tout le film, il n'y a pas l'équivalent de notre bidon de villageoise qui gicle mais à vue de nez, je dirais une bonne vingtaine de litres. Alors on peut me dire "ouais mais bon, i' fait sk'i veut Gibson, c'est son film !", mais merde, en tant que fervent catho, on ne lui a pas dit qu'il fallait pas déconner avec le sang du Christ ? 'faut pas gâcher comme ça.
Ensuite, le filtre employé quasiment tout le temps pendant le film. Ca m'a fait pensé aux soap opera des années 80, c'est franchement pénible. Pose ce verre, Sue Helen...
Et enfin, si pour faire un chef d'oeuvre, il faut faire des plans super lents, mettre une musique omniprésente, doubler par trois le volume de chaque petit bruit pour faire comprendre que "cling cling, petit spectateur abruti, regarde par là !", je me dis que Kevin Costner devrait s'y essayer un jour pour sortir de l'enfer bien rempli des réalisateurs sans talent. Après tout, Gibson vient d'avoir sa rédemption comme ça.
III- Sauve toi toi-même (incapable) !
Allez, pour finir. Parce qu'elle est mignonne :
Un curé qui se promène dans la nature est pris dans les sables mouvants.
Alors qu’il s’enfonce jusqu’ aux chevilles, un camion de pompiers passe par là.
- Vous avez besoin d’un coup de main ?
- Ce n’est pas nécessaire, le seigneur me viendra en aide !
Alors que le curé s’enfonce jusqu’à la ceinture , le camion repasse et les pompiers lui reposent la question.
- Vous avez besoin d’un coup de main ?
- Ce n’est pas nécessaire, le seigneur me viendra en aide !
Lorsque le curé n’a plus que la tête hors du sable, les pompiers passent une troisième fois.
- Vous n’avez toujours pas besoin d’un coup de main ?
- Ce n’est pas nécessaire, le seigneur me viendra en aide.
Alors le curé s’enfonce complètement et lorsqu’il arrive au paradis, il dit au seigneur :
- Je suis vraiment déçu, je pensais vraiment que vous me viendriez en aide !
Et le seigneur lui répond :
- Je t’ai envoyé 3 fois les pompiers grand couillon, je ne vois pas ce que je peux faire de plus
IV- Résultats
Dans l'ordre, il fallait cocher le 13 19 40 41 45 46 et comme numéro complémentaire le 23.
Et pour le prix Hubert d'Aillières d'Auteuil, si vous vouliez toucher le vainqueur, il fallait vous tenir à l'entrée des écuries. |
| |
| 02/04/04-16:41 :Je hais le vendredi | |
| 16h30 : premier moment de silence de la journée. Ca fait pourtant plus de deux heures que je n'ai plus d'élève. Pourquoi des gens se sentent-ils obligés DE TOUT LE TEMPS PARLER POUR NE RIEN DIRE !@#
(echo : ... pour que d'autres puissent blogger pour ne rien dire.)
Prière du jour : S'il y a quelqu'un qui m'entend quelque part : coupez lui les cordes vocales s'il vous plait... Avec un peu de chance, ça règlera en même temps le problème d'haleine... |
| |
| C'est impressionnant. Nickelback fait parti des grosses merdes pseudo-rock du moment. Le genre de groupe qui passe plus de temps à se faire prendre (en photo), ensemble le long d'un mur avec un air faussement rebelle qui dirait en substance quelque chose de bien provocateur genre "UMP vaincra" ou "Kyo a inventé le rock'n'roll, pour vous les enfants !!!".
Il y a des gens qui nous rabâchent à longueur de concert que blabla... une chanson pour marcher... blabla elle doit faire 3 minutes pas plus... lalala. Sinon on risque de mourir dans d'atroces souffrances à un concert d'Obispo où y'aurait Colagero en première partie. La Passion du mélomane en somme. (Et le mélomane en Picardie, Dieu sait s'il est mal barré.)
Nickelback a bien compris le message, leurs chansons ont des temps proches mais pas que. Superposées l'une sur l'autre ce sont... les mêmes. Aux intonations près. C'est formidable. Je me doute bien qu'ils ne doivent pas être les premiers dans le genre mais je n'avais jamais poussé le vice jusqu'à superposer deux chansons d'un même groupe et là, des gens l'ont fait pour moi et c'est... pfiou. Merveilleux. (Ourson 1)
Et je remets de la vraie musique pour le reste.
Et pour vous occuper si comme moi vous avez des vendredis avec des heures qui durent deux fois plus longtemps :
Un - Deux - Trois - Quatre - Cinq - Six. |
| |
| 01/04/04-15:30 :Fruits de la Passion, décidément, c'est dément. | |
| Ce matin dans le métro, j'avais commencé à écrire ma critique virulente sur la Passion du Christ. (Bon pas vraiment virulente mais apparemment, il est de bon ton de l'être quand on en parle). Je mentionnais qu'en plus du fait que Gibson avait rendu Jésus myxomateux, ce film incitait clairement à la haine envers nos concitoyens européens : les Romains. Un peu à l'instar d'oeuvres particulièrement engagées comme Astérix et Obélix.
Et puis, la matinée se passait doucement, trop doucement, alors j'ai traîné ma souris jusque chez Alan Smithee qui m'a fait découvrir l'excellent Brave Patrie. Site sur lequel on peut lire ce texte très drôle sur l'idée qui me turlupinait dans mes transports en commun matinaux. Et moi, j'aime beaucul alors j'applaudis des deux pieds. On pourra noter que tout le reste est aussi très bien, rien à redire, bravo, 20/20. Et du coup, vous avez échappé à un long texte qui passait en revue point par point mes 12 années de catéchisme. Alors on dit quoi ?
MERCI BRAVE PATRIE ! MERCI ALAN SMITHEE ! |
| |
| 01/04/04-01:04 :En partenariat avec Interflora. | |
| Une nouvelle récompense dans le domaine du cinéma va être instaurée. Par moi ok, mais elle a son importance.
Dorénavant, le prix Monica Bellucci visera à couronner les meilleurs figurants et silhouettes de films. Le palmarès sera édifiant et n'aura d'égal que la beauté des discours de remerciements : "Euuuuhh".

|
| |
| On va faire un jeu. J'ai un texte, comme il faut que je change la playlist à gauche (elle aussi, pfiou j'ai bien fait de remettre mon layout texan), il va falloir cliquer sur les oursons quand je vous le dirai. Attention, j'ai les noms des petits malins qui ne respecteront pas les règles et dans un pays où on se prend trois mois pour avoir balancé un yahourt sur une voiture ou en risquant bien plus parce que vous avez trouvé les failles d'un anti-virus sans en profiter d'aucune manière (tiens ça me rappelle étrangement l'histoire de Serge Humpich dans le genre abération juridique), si j'étais vous je la ramènerais pas trop.
Hmmm c'est parti !
(ours 1)
Si je devais partir seule sur une île déserte, qu'est ce que j'emmènerais ? Trois ploucs que je mettrais à un bout de l'île, j'irais les voir dès que l'envie de rejoindre la civilisation me prendrait et, une heure après, je pourrais repartir avec Wilson, le coeur léger, dans mon coin. Je leur brancherais peut-être une télé pour qu'ils aient un sujet de conversation avec en plus l'avantage non-négligeable de leur servir d'orbite un peu comme le bout de la laisse attachant le chien à sa niche.
Eventuellement, je proposerais à la gentille dame du métro de ce matin de monter avec nous. Je la démembrerais bout par bout - vivante - pour qu'elle ait une vraie raison de me brailler dessus. Il parait que c'est pas dégueu le requin. A elle, et pour le reste de la traversée qui promet d'être longue, se joindraient ces gens qui reviennent - aux heures de pointes de préférences - titiller les caissières des supermarchés pour trois points oubliés sur une carte fidélité. Carte qui leur permettra, au bout de plusieurs centaines d'euros de frénésie consummériste, de posséder GRATUITEMENT le presse-agrume de leur rêve.
Je ferais aussi monter ces deux types qui m'ont dit un jour au spectacle de Vaquette "Nous on est venu parce qu'on a lu que c'était super subversif. Et nous on est vachement subversifs tu vois". Ho oui je vois (kof kof).
J'inviterais généreusement ceux qui m'ont déclaré que ça n'allait pas ce matin "parce que la fleur de gauche avait repoussé". Je les présenterais à ceux qui étaient tout sourire en chantant "je vois la vie en rose" en les faisant plancher pendant le trajet sur "Quelle est la différence entre un parti qui gagne par manque de choix et un autre qui gagne par contrariété ?".
Comme il y aura du pop-corn à volonté (pour les besoins de mon histoire), tous les bouffeurs-de-n'importe-quoi des cinémas seraient conviés à se faire une toile à bord. Je passerais Taxi 5 et on se marrerait bien en pensant que quand même, la production cinématographique française, elle déchire grave.
Religieusement, les petites bonnes soeurs de la place Saint Pierre d'Avril 93 seraient conviées. 'Fallait pas nous pincer le cul pour nous griller nos places. OUAIS JE SUIS RANCUNIERE.
Je Lui passerais un coup de fil pour qu'Il se joigne à nous. Avec un peu de chance, je tomberais sur le répondeur, ça me ferait sourire. OUAIS JE...
Sur le ponton, je tiendrais la main à un groupe d'assistés, quota d'handicapés afin de gratter deux trois subventions au passage. Pas un merci. As usual. Et en plus, les organismes n'auraient rien versé. Pas dupes.
Ayant encore quelques places en cabine, je réussirais bien à caser quelques intégristes de tous bords en prenant bien soin de les mettre dans un coin isolé, histoire qu'ils se tuent d'abord entre eux avant de faire chier tout le monde.
Gracieusement, et pour étouffer le tohu-bohu des traditionalistes occupés à massacrer chacun de leur Dieu, je remeuterais, en vue d'une grande soirée people, des tas d'artistes : peintres, chanteurs, écrivains, acteurs qui pourraient, à loisirs, se complaire à se complimenter entre glorieux contemporains d'une même conjuration de... Et là, tout à coup, j'entendrais, à l'autre bout du port, des cris.
(ours 2)
Mon petit matelot sorti d'une publicité Jean-Paul Gauthier, tout en s'agitant à la vue du casting de rêve déjà à bord, m'interpellerait vivement de loin. Sa course à ma rencontre ferait vibrer un à un ses muscles luisant sous l'huile solaire envoyant aux quelques badauds des effluves de monoï. Court vêtu pour pour l'occasion pour mon plaisir, ses petites courbures galbées par des années de cultures physique et injective intensives, sa chair ferme, sa tête oscillant de droite à gauche au rythme de sa longue foulée donnant ainsi à sa crinière dorée tous ces reflets, m'inspireraient un air songeur apte à faire une description d'une demie douzaine de lignes avant d'en venir au fait. Ainsi, sans avoir le souffle coupé, me lancerait-il du bas du bateau :
- Hey Noé, descends de ton arche, t'as pris que des cons !
(ours 3)
Réalisant ça, je descenderais du bateau, larguerais les amares. Et vogue le navire.
Mon petit marin : "Gaëlle, des gens détachent le ponton là-bas !" |
| |
| 25/03/04-16:42 :Quand l'imbécile montre son doigt, le savant l'osculte. | |
| Il y a une chose à laquelle j'ai vraiment du mal à m'intéresser, c'est l'astronomie. Je veux dire, autrement qu'en regardant les étoiles, l'été, le cul dans l'herbe, un épi de blé dans la bouche, les bras croisés derrière la tête et avec un air faussement songeur interloquant mon compagnon de fortune du moment "Tu vois, là-haut, la petite casserole, c'est la grande ourse.... ou la petite... ou Orion... Mmmh. Bon, tu vois là-bas ? C'est la Lune".
Quand je pense à l'infiniment grand, je veux dire, encore plus loin que les gens qui vivent au-delà du périph', ça me fait tourner la tête, mon manège à moi, c'est le système solaire (air connu).
J'ai la même impression avec l'infiniment petit. Je veux dire, au delà des acariens de mon lit avec qui je vis en parfaite harmonie (hey, vous avez les mêmes hein), la physique quantique - et j'y pense souvent au petit déj' - me donne la folie des grandeurs. Ironie du sort, cette même physique, à la fac, nous donnait, à mes compagnons d'infortune et moi-même, la folie des glandeurs.
Hier, en proie à une vive envie d'agrandir la pile de bouquins "A lire", j'ai trainé mes guêtres au salon du livre. Cinq pavés dans le sac et quelques milliers de pas plus tard, je suis tombée sur une intervention vraiment intéressante au bar des Sciences : Pierre Lagrange discourant sur son guide du touriste spatial sur Mars.
Avec les termes "guide" et "spatial" accolé, ça avait tout pour me donner envie de changer de stand. Et puis, en l'écoutant, le bonhomme a réussi dans un premier temps à me scotcher grâce à son débit super posé mais aussi avec le côté très accessible de son discours. Sans forcément tomber à un niveau très élevé, peu de gens ont ce don de savoir partager leur passion à de simples néophytes. Ne serait-ce que parmi les profs, ça ne fait pas légion. - Je parle d'expérience d'élève mais aussi de simili-prof -.
Pour les scientifiques, ils ont en plus le charge de sortir de leurs bulle et jargon pour s'adapter à leur auditoire, et ceci en toute humilité, sinon ils deviennent aussi vite très pénibles. Et ces qualités sont vraiment quelque chose d'appréciable chez les gens. Je pense notamment à tous les cons qui se foutent de vous avec un air méprisant quand vous leur posez une question naïvement. *soupir*
Lagrange a donc évoqué son guide sans fioriture, a répondu en toute simplicité à des questions qui doivent lui paraître absurdes... Mais ce que j'ai vraiment apprécié au point de rester et de chercher son bouquin, c'est l'impression d'être face à un type qui aurait vraiment posé son cul, un été sur le sol "rouillé" de Mars, ses bras croisés derrière la tête et, regardant les étoiles, aurait dit à son compagnon de navette "Tu vois, là-haut, la petite casserole, c'est la grande ourse.... ou la petite... ou Orion... Mmmh. Bon, tu vois là-bas ? C'est la Lune... et la Terre."

|
| |
| 22/03/04-13:57 :"- Tes parents, ils ont voté quoi toi ?" | |
| C'est marrant, petite, j'allais avec ma mère mettre l'enveloppe dans l'urne à chaque élection. Ca faisait parti des petits plaisirs qui nous donnaient l'impression d'être adulte. L'autre étant de composer le code de la carte bleue au distributeur. (J'ai toujours eu des joies très simples). Finalement, on savait qui avait voté quoi sans rien connaître des élus de l'époque si ce n'est leur marionnette au bébêtes show.
Et aujourd'hui, en cours, les mômes se demandent entre eux ce qu'ont voté leurs parents la veille. C'est aussi mignon parce que je pense que leur vision de la vie politique française et internationale se fait, entre autres mais pour la majeure partie, via les Guignols de l'info.
Mais ce qui m'étonne encore plus, c'est l'élan civique de certains. Une expression plus juste et fidèle à ma pensée profonde serait de l'ordre du "haha, i' sont ridicules", mais je le garde pour la fin.
Une des premières choses que j'ai fait une fois ma majorité durement acquise à la sueur de mon front, a été de vérifier si la mairie avait été mise au courant de mon grand âge et du fait que haha maintenant, j'allais ouvrir ma bouche. (non j'déconne).
Pas parce que je crois dur comme fer à la vie politique de mon pays, que j'aime me tenir au courant de tout ce qui s'y passe, puisque je ne peux duper personne, je n'y connais pas grand chose hormis les grandes lignes, et encore... Disons, les grands segments. Mais en grande partie dans un soucis de respect envers ceux qui se sont battus pour le droit de vote. Ca peut paraître idiot, d'autant plus que pour moi, ça aurait pu rester comme avant, ça n'aurait pas changé grand chose. Si ce n'est qu'en 49, les femmes auraient peut-être eu l'droit de cuissage à leur tour, et ça j'aurai bien aimé.
"Gaëlle, t'es snob !" "ouais grave".
Bref, ce qui m'énerve donc, ce sont les gens qui, depuis 2002, se permettent de sermonner ceux qui ne vont pas voter. Samedi soir, on m'a fait la morale. Parce que je n'avais pas prévu d'aller voter et comme il faut une raison autre que"j'avais la flemme d'aller en normandie trois week-end en moins d'un mois" : je n'habite pas où je vote donc je trouve plus logique de laisser maîtres les habitants du coin. Je pourrais voter en Ile de France, mais je me sens autant de la région que mon prénom ne me donne le droit de crier "Breiz atao" sans passer pour une conne.
Et ce qui est intéressant, par rapport à ces gens qui vous font un "haaaan, t'as paaaas voooootéééé..." ("...pov' conne, si le FN passe, ce sera ta faute !"), c'est que la plupart ont découvert les urnes à cause des (ou grâce aux ?) résultats de la dernière présidentielle. Puis se sont découverts un entrain civique en même temps que des ampoules aux pieds pendant les manifs qui ont suivi. Et puis, et puis.... c'est tout. Et ce sont ceux là - et très peu d'autres - qui se permettent de venir vous les briser - mais ouf j'en ai pas - quant à vos actions personnelles. Entrain qui se limite à faire tamponner sa carte d'électeur que pour dire merde à l'extrème droite. "Ce qui est déjà bien mais pas top". Parce que tout le monde n'a pas attendu d'avoir un déclic aussi ridicule qu'un pourcentage de bétise pour prendre conscience des choses.
Logiquement, je devrai finir par "haha, i' sont ridicules", mais je finirai plutôt par "c'est pas con cette idée de droit de cuissage". |
| |
| 19/03/04-01:37 :J'en ai plein le cul. | |
| (Intro tout à fait raccoleuse et gratuitement vulgaire.)
Longtemps, j'ai pensé que si je ne l'ouvrais pas quand les gens m'énervaient, c'était surtout par lacheté. J'avais beau me le justifier par "Les cons, je les méprise", je savais que sous couvert d'un certain pacifisme - par pacifisme, comprendre "préférer leur tourner le dos que l'inverse". (Bon d'accord, l'inverse, c'est aussi leur faire face. Mais tourner le dos, c'est aussi tout ce qui est englobé dans une citation du Flaubert ou une pensée de Guitry... Et je préfère, de loin...) -, il y avait tout un tas d'autres choses.
Parce que c'est plus simple de fermer sa bouche. A fortiori quand notre source de bonheur ne tourne pas autour d'un rapport constant avec autrui.
Parce que les gens qui n'ouvrent la bouche que pour râler me saoulent avant même qu'un son ne s'échappe de leur organe vomitif.
Parce que les cons, je les emmerde et ils me le rendent bien.
Parce qu'avec tout ça finalement, comment faire la part des choses entre sagesse, calme, timidité et couardise ? - c'est une question qui n'en est pas une, merci -.
Et puis pour tenter, mardi, je me suis faite violence (le premier qui s'moque, j'lui colle deux heures).
Une des personnes que je cotoie le plus souvent, de 25-30 ans mon aînée, passe son temps à tout savoir. Ca a quelque chose de très pénible les gens comme ça. Les gens qui, quoi que vous disiez vous rétorquent "Je sais". Un je sais, froid, sec. Qui s'impose comme d'une évidence, comme si vous, vulgaire petite merde, étiez incapable de transmettre quoique ce soit. Or, comme je n'en suis pas au point de déprécier TOUTE ma personne, je sais... hm. Pardon. J'estime qu'elle se gourre. Le problème arrive lorsqu'il s'agit de m'adresser à quelqu'un qui aurait pu être ma mère. J'ai un gros problème avec les adultes : je les respecte (à tort, souvent) et surrestime (à tort, évidemment). J'ai vraiment un mal dingue à tutoyer les personnes dont l'âge dépasse une fois et demi le mien. Et réussir à sortir ses 4 vérités à quelqu'un que j'appelle "madame" ou "monsieur", c'est un peu comme me demander d'aller... d'aller... enfin d'y aller quoi.
Bref, cette personne m'irrite. Pas que moi, ça me rassure mais quand même.
Mardi donc, en proie à de longues inspirations pour refroidir mon petit coeur bouillonnant, j'ai encore une fois opté pour la méthode de l'autruche. Mes muscles étaient tétanisés depuis la veille, je bougeais difficilement et chaque étirement me faisait découvrir des parties de mon corps que j'ignorais. Je n'ai sorti la tête que pour aller ailleurs. Sur le chemin clopin-clopante, de là à là-bas, une personne. Une phrase en trop de sa part. Et une réponse virulente de la mienne.
L'avantage de ce genre de soubresaut, c'est que l'interlocuteur est tellement surpris, qu'il ferme son clapet. Ca vous donne à loisir le temps de parler. L'inconvénient de ce genre de soubresaut, c'est que vous n'êtes nullement habitué à monologuer plus d'une minute sur l'attitude pourrie d'un de vos charmants semblables. (*soupir*). Mais bizarrement, après ça, je n'ai rien ressenti de positif. Je marchais toujours comme un cow-boy. Pas même un soulagement à l'idée d'avoir un boulet en moins dans mes messages répondeurs. Pas même la fierté de pouvoir me dire "j'peux l'faire !". Et encore moins l'impression de lui avoir rendu un quelconque service sur sa misérable existence d'assisté. L'effet cathartique : aux chiottes. Non. Juste l'impression d'avoir perdu dix minutes sur un trottoir et loupé deux trains à cause d'une parlotte sans conséquence. Et je me dis que ce serait pareil pour tout le reste. Que ce n'est peut-être pas de la lâcheté finalement mais un mélange de fatalisme et de renoncement quant à une prise de conscience éventuelle sur le manque de manière de tous ces empécheurs de vivre.
J'avoue, cette explication m'arrange. J'avais lu dans un des "Fourmis" de Werber "Il faut être capable d'aimer ses ennemis ne serait-ce que pour les énerver". Ca aussi, ça m'arrangeait. Mes muscles ne se décrispent que depuis ce soir. La morale de cette histoire : ne jamais, Ô Grand Jamais, plus remonter quatre heures à cheval après une abstinence de 2 mois et demi. Ca donne de l'importance à des histoires et à des gens qui n'en ont pas.
Ce soir, j'ai toujours mal au cul. |
| |
| 18/03/04-06:29 :Ce que vous allez lire ci-dessous est faux. | |
| | Ce que vous avez lu ci-dessus est vrai. |
| |
[1][2][3][4][5][6][7][8][9][10][11][12][13][14][15][16][17][18][19][20][21][22][23] |